• Le jour où il n'est pas né...

                 

                          Le jour où il n’est pas né…

     

    Jamais elle n’aurait cru ressentir à nouveau ce sentiment.

    Quand elle était devenue maman, il avait été si fort, que son cœur avait cru se scinder en millier de morceaux. Et à chaque fois l’enfant fût un nouvel espoir de tendresse, d’avenir.

    Le jour où, son aîné lui annonça la venue de son premier enfant, à nouveau elle fût submergée par la tendresse.

    Grand-mère, maman, ce n’est pas différent, le sentiment qui vous envahit est aussi puissant !

    Ce tout petit bout, de si petites mains, doigts…Une petite frimousse à faire craquer le cœur le plus dur…Quelle merveille ! Sa descendance, son amour, sa tendresse…

    La prendre dans ses bras, se retenir de la serrer trop fort contre son cœur. Ce cœur qui bat à tout va. Elle a presque mal, tant ses sentiments sont trop fort, vraiment trop fort…

    Un sourire d’ange, comme on dit, et mamy fond en larmes !

    Larmes de tendresse, de joie, d’espoir, d’avenir…

    Petit à petit la vie qui s’éveille, premiers sourires, premières dents, premiers pas…A chaque fois la même joie, la même tendresse. Jusqu’au jour de l’ultime fierté, l’entendre vous dire « Mamy ». Pourtant, il y avait eu tant d’émotion le jour où fièrement son fils et sa belle-fille, lui annoncèrent ses premiers mots. La fierté dans leur yeux, quand enfin ils avaient réussi à lui faire dire « maman, papa.. ».

    L’enfant grandissait bien, fierté de sa famille, aimé comme beaucoup d’enfants aimeraient l’être.

    Premières journées d’école…Encore un pas vers l’avenir!

     

    Pourtant tout va bousculer, Mamy va trébucher sur le pas suivant et avec elle toute la famille.

    Elle était si contente, à nouveau ce sentiment merveilleux !

    Une autre petite vie, un petit frère, une petite sœur !? Peut importe, tout ce qui compte c’est ce bonheur qui à nouveau l‘envahit. Son cœur doit être fabriqué dans le meilleur élastomère du monde. Elle aime tellement ce sentiment de jouissance, c’est une drogue si puissante !

    Mais les derniers jours de l’attente vont s’assombrir, le pronostic n’est pas bon, le bébé souffre…Une décision doit être prise. Une date est décidée… tout faire pour le sauver.

    Tout doucement, le jour de la connaissance, de la présentation arrive. L’enfant et Mamy, attendent avec impatience la sonnerie de la délivrance. L’espoir de l’erreur de pronostic, l’espoir de  force de la vie !

    Sonnerie tant attendue, tant redoutée…

    C’est l’instant, décrocher…

    Fini…Elle a envie de hurler, de mourir, de pleurer, d’abandonner…Pourtant, il faut tenir, faire bonne figure !

    L’enfant, il faut tenir pour lui. Lui expliquer…

    Etrange pouvoir de l’enfance, sa force l’aide à tenir, elle qui devrait le soutenir, l’aider. C’est cette jeune vie qui lui transmet le pouvoir de continuer, d’accepter…Il la regarde, les yeux embués de larmes et pourtant, il l’a rassure. Il lui assure sa présence, son amour, sa tendresse, son besoin d’elle.

    Son cœur se brise, mais ce sentiment là, elle voudrait l’oublier, car il est douloureux de douleur.

    Continuer, avancer…Sa famille a besoin d’elle, pas le droit de s’effondrer !

    Pourquoi ? Comment ? Pourquoi ? Dans sa tête, les questions tournent et tournent encore. Elle n’a pas les réponses, que va-t-elle bien pouvoir dire, elle doit trouver les mots pour réconforter. Etre forte, envers et contre tout, tant pis pour sa peine, la cacher doit un coin de son cœur. Elle doit attendre, elle s’en occupera… après !

    Et cet enfant, qui vous regarde, confiant, rassuré par votre présence. De simples questions, une évidence…l’enfance et sa force !

    Sa famille se brise, elle le sent, la douleur est trop forte !

    A chacun sa façon, de montrer, de gérer sa peine. Des reproches, des incompréhensions…sa famille se brise, elle le sent, elle sait. Peut-être qu’avec le temps…

    Mais la famille est là, soudée, du moins en apparence, devant ce petit cercueil blanc. Il est ouvert, l’enfant lui baisse le front, lui remet correctement son doudou…

    Elle saigne en son cœur…

    Tout doucement, comme si elle pouvait le réveiller, elle approche. Elle prend cette si petite main, qui ne se referme pas sur son doigt. Elle voudrait le prendre dans les bras, lui dire combien elle l’aime, que déjà il lui manque,  lui passer un peu de sa force et espérer l’impossible miracle.

    L’enfant approche, glisse sa main dans la sienne…Ils se regardent, pas besoin de mots. Ils se comprennent de cœur à cœur. Ensembles dirent au revoir au petit ange.

    Le couvercle se referme, pas la blessure !

    Continuer, il le faut. Prendre la peine des autres sur ses épaules, comprendre la colère, accepter la brisure…

    Le temps, beaucoup de temps, énormément de temps et, peut-être un jour l’espoir !

    Et le silence s’installe, chacun sa façon de porter sa peine…

    L’enfant et elle ont besoin de parler, d’expliquer leur souffrance, c’est leur secret, en parler pour que jamais il ne parte vraiment. 

    La force de cette enfant l’étonne, elle l’envie. Il accepte sa peine, vit avec, tout simplement.

    Elle  a besoin d’en parler, mais on veut qu’elle se taise. Alors, elle pleure en silence, son cœur déborde de larmes. Elle s’éteint doucement, tout doucement…L’envie de le rejoindre est si forte, là-bas au pays de la grande récré. L’endroit qu’elle a crée pour consoler l’enfant.

    Mais la vie n’a pas dit son dernier mot…

    Sans prévenir, sans être attendu, ni même espérer, un nouvel espoir d’avenir se pointe.

    Se réjouir, pas trop, mais assez…L’attente, la peur, l’espoir, trop de sentiments contradictoires !

    Une sonnerie inattendue…

    La vie nous a fait un cadeau…un merveilleux cadeau !

    Alors Mamy va continuer, reprendre espoirs, s’émerveiller, s’attendrir, aimer…mais ne jamais oublier !

    Elle ne peut pas, elle va juste adoucir sa peine…réchauffer son cœur au soleil de cette nouvelle petite vie !

            Fabienne Vereecken

     

     

     

     

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    Heidi
    Vendredi 22 Mars 2013 à 10:32
    Bel écrit qui laisse dans la réflexion, il faut se battre dans le vie et s'accrocher aux petits bonheurs, doux bisous et prends bien soin de toi, belle journée♥
      • Fabienne Vereecken Profil de Fabienne Vereecken
        Vendredi 22 Mars 2013 à 10:34
        Merci petite Heidi...Oui tu as raison, il faut s'accrocher au petit bonheur. Vivre jour après jour et apprendre à apprécier. Doux bisous <3<3
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